Lutter contre les inégalités dans la classe

Comme tous les enseignants, j’ai souvent l’impression d’avoir « la tête dans le guidon » et cette impression m’empêche trop souvent d’avoir un regard lucide sur ce que je fais réellement dans mes classes, et d’envisager sérieusement sur ce que je pourrais faire pour que ça marche mieux. Pourtant, des fois, ça vaut la peine de se poser.

Une des choses que nous ont appris les différents rapports publiés ces derniers mois c’est que notre École était une des plus inégalitaire au monde. Pas de quoi être fier. Surtout quand on a encore en tête le rapport sur la grande pauvreté de Jean-Paul Delahaye ou qu’au hasard d’une actualité on découvre que c’est au lycée professionnel qu’on rencontre le plus d’orphelins dans les classes…

Que faire quand un élève rencontre des difficultés ? Et d’ailleurs, peut-on faire quelque chose ? Est-ce qu’il échoue parce qu’il n’a pas les capacités ou bien y a-t-il une autre raison ? Est-ce que je dois changer quelque chose à mes pratiques ? Est-ce que ça servirait à quelque chose ?

En 2015, Marie- Christine Toczek-Capelle, professeur en sciences de l’éducation à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand a présenté lors d’un colloque des résultats de recherche saisissants.

Il a été depuis longtemps prouvé que l’appartenance à certains groupes sociaux déterminait le destin scolaire des élèves. C’est ce que l’on appelle « le phénomène de menace du stéréotype » qui a été démontré en 1995 par deux chercheurs de l’université de Stanford, Claude Steele et Joshua Aronson. Mais le plus souvent dans nos classes, on n’imagine pas à quel point la représentation des élèves par rapport à cette appartenance avait des effets sur leurs performances scolaires.

Sachant que ce phénomène existe, ne pas en tenir compte dans notre métier serait au mieux dramatique, au pire…
Mais comment faire ?

Changer les choses ça semble souvent insurmontable. Comme tout changement, cela nécessite de sortir de sa « zone de confort » (qu’elle soit confortable ou pas d’ailleurs) et c’est parfois effrayant.

Pourtant il y a des moyens simples et efficaces d’améliorer les choses sans se mettre véritablement en danger. La recherche nous ouvre des chemins qu’on peut emprunter sans trop prendre de risques et dont les effets seront immédiatement visibles.

L’étude que Marie- Christine Toczek-Capelle présente (dans une vidéo en lien ci-dessous) porte sur les performances en sciences physique des filles. En effet, on constate que les jeunes filles réussissent généralement moins bien que les garçons dans les domaines scientifiques. Mais ne serait-ce pas un effet de la façon dont on évalue ?

Pour cette étude on a donné le même travail à effectuer à trois groupes d’élèves, mais on leur a présenté les choses différemment.
Au premier groupe, on annonce que la tâche ne sera pas évaluée.
Au deuxième groupe, on annonce que la tâche sera évaluée et que l’évaluation aura pour but d’évaluer les compétences acquises par rapport aux autres élèves.
Au troisième groupe, on annonce que l’évaluation aura pour but de vous aider dans vos apprentissages, de vous permettre de mieux mémoriser et mieux apprendre.

Et que croyez vous qu’il arriva ?

Dans le premier cas, les filles ont réussi bien mieux que les garçons.
Dans le deuxième cas, les garçons ont réussi bien mieux que les filles.
Dans le troisième cas, il n’y a pas eu de différence entre les résultats des filles et des garçons.

 

Et vous, vous évaluez comment ?

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Voir en ligne l’intervention de Marie- Christine Toczek-Capelle

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Classé dans évaluation, pédagogie, recherche

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