La dernière (?) pièce du puzzle

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé : vous découvrez quelque chose et vous réalisez que c’est la pièce qui manquait au puzzle de vos réflexions. Tout à coup l’ensemble prend de la cohérence. Et vous vous demandez comment vous n’avez pas trouvé cette pièce là auparavant. Elle avait du rester coincée au fond la boîte. Et vous vous en voulez de ne pas l’avoir cherchée plus tôt.

La Charte d’Ottawa

Elle a été signée une première fois en 1986 (je sais, en 1986 certains d’entre vous ne savaient pas lire…. et moi je commençais à mettre des notes à mes premières copies). Son nom complet est « Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé« *. Elle a été complétée (et renforcée) par les Chartes de Jarkarta (1997) et de Bangkok (2005).
Si on résume ces trois chartes voici comment elles définissent la promotion de la santé :

La promotion de la santé a pour but de donner aux individus davantage de maîtrise de leur propre santé et davantage de moyens de l’améliorer.
Pour parvenir à un état de complet bien-être physique, mental et social, l’individu, ou le groupe, doit pouvoir identifier et réaliser ses ambitions, satisfaire ses besoins et évoluer avec son milieu ou s’y adapter.

Ça ne vous rappelle rien ?

Les compétences clés pour l’éducation et formation tout au long de la vie constituent un ensemble de connaissances, d’aptitudes et d’attitudes appropriées au contexte. Elles sont particulièrement nécessaires à l’épanouissement et au développement personnels des individus, à leur inclusion sociale, à la citoyenneté active et à l’emploi.***

Le couple du XXe siècle

La santé et l’éducation sont intimement liées. L’une ne va pas sans l’autre. Même mes élèves de 5e le savent. Comme Kévin qui tout d’un coup s’est mis à me parler d’éducation alors qu’on travaillait le chapitre sur les inégalités devant la santé : « En fait, l’éducation, c’est la base de tout le reste ! » ****
Et l’autre ne va pas sans l’une….. Comment réussir ses apprentissages quand on est malade, handicapé ou tout simplement tellement mal dans sa peau, comme seuls savent l’être les adolescents ?

Et ce couple a eu de beaux enfants qui, me semble-t-il, sont passés complètement inaperçus depuis la fenêtre des enseignants du second degré. Et de moi d’ailleurs jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Ce sont les compétences psychosociales.

Les compétences psychosociales

Les anglophones les appellent les « social skills« . Mais comme cette notion est arrivée en francophonie dans les valises des psychologues, elles sont devenues chez nous « les compétences psychosociales« .
Ces compétences ont été définies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1993 :

Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement.

Si vous voulez tout savoir sur ce sujet, je vous recommande « Le cartable des compétences psychosociales« , un site animé par l’IREPS des Pays de Loire qui vous dit tout tout tout.

La clé de voûte

Quand j’ai lu cette définition, quand j’ai lu les pages de ce site (et quelques autres aussi), tout s’est organisé. Quand je dis tout, je veux parler de tous ces trucs hétéroclites qui m’intéressent et sur lesquels je me forme pour essayer d’être un peu plus efficace pour mes élèves. Tout ce qui (me) fait dire parfois que je m’éparpille.
Ce cours sur la gestion mentale***** pendant lequel on m’avait expliqué que le cortex, le cerveau du raisonnement et des apprentissages ne pouvait pas être efficace si le cerveau des émotions (« cerveau limbique » pour les intimes) et celui des réflexes de survie (le « cerveau reptilien ») étaient trop occupés.
Cette histoire d’intelligences multiples.
Ces conversations sur les synesthésies.
Ce goût partagé pour la bienveillance éducative.
Ces journées de formation consacrées au élèves dyslexiques ou vivant avec leur TDAH.
Ce projet de médiation par les pairs à mettre en place dans mon bahut.
Ce besoin de redonner aux élèves une véritable estime de soi.
Cette appétence pour l’éducation à la culture.
La partage des idées de Perrenoud (un psychologue suisse, comme par hasard…) quand j’avais lu son livre****** sur les véritables compétences que l’École se devrait d’apprendre aux jeunes.

Vous avez compris.
En fait, depuis des années, je tournais autour des compétences psychosociales sans le savoir.
Maintenant, je le sais.

 

—–

* Le texte est en ligne ici.
** Source de ce résumé dans ce document gouvernemental canadien.
*** Compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie sur le site de l’Union Européenne.
**** Je vous jure que je ne l’ai pas inventée celle là. C’est du « sic ».
***** Merci à Yves Lecocq pour ses formations !
****** PERRENOUD Philippe. Quand l’école prétend préparer à la vie… Développer des compétences ou enseigner d’autres savoirs ? Issy-les-Moulineaux : ESF, 2011, 221 p.

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