Comment l’Ecole a raté ma fille (Épilogue)

Merci d’être arrivé au bout de ce long et banal récit. Je vous reconnais bien là.

J’aime l’École

Eh oui, malgré tout ce que vous veniez de lire, j’aime l’École.
Parce qu’elle est est portée par un idéal de Liberté, de Fraternité et d’Égalité qui fait sa grandeur.
Parce qu’elle est gratuite, laïque et obligatoire.
Parce qu’il a fallu extirper des gamins de 8 ans des colonies pénitentiaires où l’abandon sociétal les avait jeté, pour les amener à l’école.
Parce qu’il a fallu aller chercher les gosses tuberculeux dans les caves des manufactures du XIXe siècle qui les traitaient comme des esclaves.
Parce qu’il faut toujours le faire dans  tous les bidonvilles du monde.
Parce que la moitié au bas mot de la planète aimerait y avoir accès.
Parce que nous avons la chance de vivre dans un pays qui consacre son premier budget à l’éducation.

Humains

Les idéaux ne sont vivants que s’ils s’incarnent. Ils s’incarnent dans des hommes et des femmes qui ne sont « que » des hommes et des femmes.
Je connais les humains, j’en suis un depuis un certain temps.
Moi aussi j’ai des idéaux.
Mais des fois aussi, je les oublie. Parce que la fatigue, parce que les soucis, la vie. Les idéaux c’est un luxe d’humain heureux et bien nourri. Des fois je ne suis pas heureuse. Comme tout le monde.

À lire vos réactions, je sais que l’histoire banale que je vous ai racontée a réveillé des échos, des colères, des peurs à venir.
J’ai été moi aussi en colère, découragée… Effrayée aussi par ce que cela me renvoyait de ma propre humanité. Triste aussi.

Enseigner

Si je vous ai raconté tout ça c’est pour vous dire qu’au final, même si je sais que je suis à ma place dans ma classe, je suis comme tous ceux que ma fille a croisé. Ni meilleure, ni pire. Pas toujours exemplaire. Moi aussi je n’ai pas su répondre aux interrogations de certains parents, moi aussi j’ai sûrement « raté » des mômes par manque d’attention. J’en même eu honte des fois.

Si j’avais une seule moralité à retenir de ces 16 années d’École de ma fille, c’est qu’il faut avant tout rester humble*.

Non nous ne sommes pas, nous autres enseignants, des êtres supérieurs. Non, nous n’avons pas « la connaissance ». Non, nous ne sommes pas des êtres exceptionnels par vocation.
Nous sommes comme ceux que nous croisons tous les jours : élèves, parents, collègues, supérieurs hiérarchiques. Des humains faillibles.
Et quand parfois nous arrivons à faire correctement notre travail, nous n’avons pas à nous en glorifier. Le plus souvent, c’est parce que nous avons la chance de pouvoir le faire.

Pour eux

Je pense à Jessica, en colère contre le monde des adultes qui l’a placée dans une famille d’accueil. Je pense à Kévin dont le frère s’est suicidé juste avant Noël. Je pense à Manfred, qu’on appelle « le boche » (si, si ça existe encore). À Jennifer qui se croit nulle à force qu’on le lui dise.
Qu’est ce que je peux faire pour eux, du haut de mon mètre soixante d’humanité ?
Leur donner le meilleur. En espérant que cela suffira. Mais c’est vraiment pas gagné.

Heureusement, je ne suis pas la seule à essayer. Merci à mes collègues aussi.

 

—–

* Je sais c’est complètement antinomique avec le fait d’écrire ce blog.

 

 

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17 Commentaires

Classé dans récit

17 réponses à “Comment l’Ecole a raté ma fille (Épilogue)

  1. François

    pfff, tellement vrai mais tellement triste … c’est qu’il faut avant tout rester humble… tout est dit et un peu humain, juste humain

  2. Isabelle

    Merci de ce récit ..  » Que chacun s’efforce de témoigner à d’autres une véritable humanité , c’est de cela dont dépend l’avenir du monde » Albert Schweitzer A l’orée de la forêt vierge

  3. Anaïs

    Bonjour, je viens de réussir le CRPE. Il y a plus de 6 ans j’ai essayé le Capes de Physique chimie 3 fois raté. Pour vous dire que mon envie d’enseigner ne date pas d’hier. Mon but est que chaque élève qui passe dans ma classe puisse s’épanouir dans sa scolarité et apprenne par la même occasion. Votre texte que je viens de lire entièrement (tous les épisodes) m’a émue. Je veux vous dire merci pour cette honnêteté. Merci pour ce rappel essentiel les profs sont des humains faillibles comme tous et ne sont pas au-dessus des autres. Je vous souhaite bonne continuation à vous et surtout à votre fille.

  4. bravo ! j’avais peur que vous ne restiez sur un constat d’échec. Je crois qu’il ne faut pas trop se flageller dans la mesure où l’on sait que l’on est ouvert au dialogue, que l’on rencontre les familles, que l’on exerce avec respect sinon avec passion et foi. Douter de nos « compétences » est bien normal et se remettre en question nécessaire. Nous avons tous fait un jour un bilan en nous disant que nous étions passé à côté de quelques élèves dont nous n’avions pas vu ceci ou cela. Mais rester à l’écoute est précieux. Merci de votre témoignage. C’est une prof « hors programme » qui vous parle , certaine que nous savons au bout de tant d’années d’enseignement ce qui est bien pour nos jeunes bien que ce ne soit pas toujours réglementaire 😉

  5. AUDREN de KERDREL Emmanuel

    Tu écris « épilogue », mais il n’y a pas de fin à l’histoire de ta fille, la vie continue, se poursuit. La tienne. La sienne. Je sais bien qu’il faut que tu termines ton récit. Mais non, ce n’est pas le mot « fin », bien au contraire c’est le mot « début ». C’est là, maintenant, qu’elle va pouvoir prendre son envol, s’élancer et montrer littéralement ce qu’elle dans le ventre et dans le coeur. D’ailleurs que dit-elle de ton récit ?
    Quand on a 20/20 en natation, tout est possible. Tu imagines la force de concentration, les efforts, la maîtrise de soi, qu’il faut fournir pour arriver à un tel succès. Chapeau !
    Chère Mila, heureusement que tu es humaine. Heureusement que tu es comme tout le monde. C’est justement ça qu’on réclame, qu’on souhaite des enseignants pour nos mômes, par des super-men/women, non des gens normaux, comme tout le monde, avec leurs joies, leurs peines, leurs faiblesses, mais aussi leurs atouts.
    Oh oui, il faut croire en l’école de la République (non, mais c’est moi qui écris, ça, non mais je rêve !). C’est un atout, une force, une puissance même. Et malgré tous ses inconvénients, ses travers et les hommes et femmes qui la composent, nos frères humains, je la reconnais comme mienne, comme faisant partie intégrante de notre éducation, de nos savoirs, de notre avenir.
    Car bien sur, ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce qui s’est passé hier, mais ce qui va se passer demain. Oh, certes, j’aime me retourner et regarder en arrière, mais moi, ce qui me passionne, ce que je désire avant tout, c’est l’avenir, le futur. Parce que je crois que nous allons vers un monde meilleurs, toujours plus humain. Et même, si, plus les jours passent plus je m’en vais vers ma fin prochaine, et bien tant pis, car c’est la perspective qui compte. La vision du bonheur. Et vivre pleinement ma vie. Et emmener les mots, les guider sur le chemin de l’existence.
    Comme je dis souvent, depuis la rupture de mon fils aîné depuis six longues années à ceux qui ne comprennent pas, qui font une moue dubitative ou qui sont carrément agressifs, voire violents : « Les enfants ne nous appartiennent pas ! »
    Bien sur, il me manque. Il me manque même à chaque seconde de mon existence. Mais chacun doit vivre sa vie. Chacun doit faire ses expériences. Il sait où je suis. Peut-être reviendra t-il un jour ? Ou peut-être pas ? C’est le destin. Le mien. Le sien. Il sait que je suis là, que je l’attends, que je l’espère même, que j’entasse dans des boites à chaussures les nombreuses lettres que je lui écrit et qu’il lira peut-être un jour.
    J’ai un texte qui me trotte dans la tête. Un nouveau texte. J’entasse les manuscrits dans des boites en carton. Ce n’est plus un appart. Ce sont les archives municipales. « Leila » ça va s’appeler. C’est ma petite fille qui vient me voir. Elle va débarquer un jour, chez moi, comme ça. Histoire de connaître son grand-père. Ca mûrit dans ma tête, ça me hante même depuis des mois et des mois. Je trotte ça indéfiniment jusqu’à ce que mon cerveau soit prêt.
    Plus qu’une année pour mon loustic n°1 et il aura terminé son école d’ingénieurs à l’autre bout de l’hexagone. Chapeau. Comme je suis fier de lui. Et normalement, il aura un taf à la sortie.
    Loustic n°2 qui vient régulièrement, me voir, me provoquer, blaguer, se moquer de moi gentiment, me traiter de « boloss », dévorer des Sushis ou des crêpes (on ne se refait pas !) a repiqué sa 1°, il n’avait rien glandé la première fois et il vient d’avoir son Bac de Français avec des notes encore meilleures que la fois dernière. Youpppiiiiiii ! 20 points d’avance si j’ai bien compris. J’essaye de piger comment ça marche, mais j’ai bien du mal, c’est vrai je me rends compte en t’écrivant que volontairement et inconsciemment je prends du recul vis à vis de ce sacro-saint diplôme que je n’ai jamais passé et que bien sur je ne possède pas. Je garde mes distances. Je me tiens à l’écart. Et la télé m’agace lorsqu’elle ne parle que de ça. Oui, je sais. Je le sais parfaitement. La blessure toujours saignante. Le vieux complexe d’infériorité qui ressort. Le déni – c’est le grand mot à la mode – d’être en manque de ces trois petites années de rien du tout.
    En effectuant le récit de la scolarité de ta fille, c’est bien sur de toi dont tu souhaitais parler, de ton emploi (je fais exprès d’utiliser ce terme, moi qui n’en ai plus), de tes idéaux, de tes convictions, de ta passion (car je crois que pour enseigner il faut être enseigner, mais je suis intimement convaincu que ce n’est pas donner à tout le monde, non pas le droit, mais d’être un « bon » enseignant. Qu’est-ce qu’un « bon enseignant » tu vas me dire ? D’abord un être humain. Quelqu’un à l’écoute, qui sait entendre, parler aussi. Quelqu’un de convivial. Qui respecte les mômes. Ca me semble une notion essentielle, vitale même. Qui se met à la hauteur des gamins. Un passeur….), de l’institution, de l’Education Nationale, de l’Etat, de la France. De nous, quoi !
    J’adore !
    Biz

  6. Merci pour cette chronique qui m’a fait penser moi aussi aux élèves que j’ai « raté » en chemin ou que je n’ai pas compris. Les anciens que je croise ne me disent pas ça alors j’en suis réconfortée quand je les vois tous « devenir quelqu’un » et être fiers de me le raconter, de m’envoyer leurs notes du lycée, me tenir au courant de leurs réussites et plus tard de me montrer leurs enfants (et oui !) et maintenant aux réunions de parents je les retrouve heureux et sérieux dans leur rôle de parents, eux qui faisaient « les 400 coups » au collège ! Je me dis qu’on n’a pas perdu notre temps même si on désespérait d’eux au moment où on les avait en classe. On fait un beau métier !

  7. Il manque au récit tous les beaux moments… Tous ces moments où ta fille, j’espère, aura su trouver sur sa route des personnes lui montrant toute sa beauté intérieure et lui disant qu’elle peut le faire, qu’elle peut réussir, qu’elle peut aller de l’avant, toujours.
    Au-delà de tous nos désaccords sur les méthodes (compétences ? pas compétences?), voire parfois même sur les objectifs, je crois qu’il faut surtout ne jamais oublier, comme tu l’indiques, qu’on est humain très humain, avec en face de nous aussi des humains, vivants, debout. Notre travail doit toujours consister à les élever, jamais à les abaisser…
    Quelles que soient les méthodes, qu’importe, tant qu’on arrive à les faire grandir, à leur apprendre plein de choses, à les faire devenir libres et heureux. Si on peut. Parce que dans le fond, cela ne nous appartient pas… On ne peut semer que quelques graines et pour le reste… Advienne que pourra. 🙂
    Belle route à ta fille !

  8. Val

    J aime ..et je retrouve surtout mes ados ..collège et lycée qui ne rentrent pas dans le moule scolaire dans lequel on veut les faire entrer…dommage..manque de projets et de pédagogies innovantes…😁😉

  9. Pierre

    Juste pour vous dire merci pour ce texte en 7 parties. Ce fut agréable. J’ai moi-même très mal vécu ma scolarité, de la maternelle à la terminale, mais je suis entièrement d’accord avec ce que vous dites dans cette dernière partie.

    Et je me prépare à accompagner mon fils dans cette grande aventure, qu’il va commencer dans 45 jours en entrant en Maternelle. Sans mes névroses, j’espère 🙂

  10. Merci
    C’est fou de se dire qu’aujourd’hui ce n’est pas mieux pour nos enfants.
    J’ai bossé en tant que surveillante dans les collèges entre les profs trop autoritaire ou pas assez et tous les autres adultes je me sentais aussi perdue que les collégiens…
    J’aime votre vision de l’école
    Parce que son but est de permettre à tous les enfants d’apprendre mais dans quelles conditions…
    Bref j’ai adoré vous lire et je suis sûre que votre fille ira loin!
    BRAVO

  11. semiopat

    J’ai lu d’un trait les six premiers épisodes (ça m’a mis très en retard, mais je ne pouvais pas décrocher); je lis avec quelques jours d’écart cet épilogue, et bien que je le comprenne, il me semble moins… plus… plus faible, parce que plus générique. C’est une sorte de rattrapage idéologique. Dommage.
    J’aurais préféré un épilogue fait des bons moments dont votre fille se rappelle, de ceux qui font que l’école, le collège, le lycée, sont de bons souvenirs, des moments inoubliables, des moments qui nous marquent à vie. Et que vous nous laissiez faire le chemin de l’épilogue. Parce que ce qui est beau (émouvant, prenant, tenace, fort…) dans votre récit, ce sont ces épisodes criant de vérité.
    Mais je ne peux pas vous en vouloir : la schrizophrénie entre votre vécu de parent et votre vécu d’enseignant a déjà dû être bien assez dure comme ça, je comprends qu’il faille finir sur un peu de baume.

    Je dois vous dire: j’ai reconnu mes propres fils, me suis reconnu par moment, en tant que parent, et j’ai trouvé tellement de choses vraies, tellement justes, tellement bien vu.

    Je ne sais pas comment vous vivez la chose aujourd’hui, ni si votre fille vous a lu et s’est reconnue, en tout cas, je vous ai aimée pendant cette lecture, tant elle a mis des mots sur mes frustrations de parent d’élèves, et a permis d’en dénouer, incroyablement. Je crois que je vous aime encore un peu (ça me passera, n’ayez crainte), j’ai rêvé vous avoir rencontré plus tôt, dans une autre vie. Je pense que si l’école a raté votre fille, vous, non, vous ne l’avez pas ratée, et j’espère qu’elle s’épanouit où elle se trouve. Mon fils ainé m’a dit le jour où il a su qu’il avait le bac: je ne mettrais plus jamais mes fesses sur un banc d’école. J’ai compris grâce à vous la complexité de ce qu’il voulait dire, du ras le bol général du sanibroyeur éducatif, au delà de la simple libération du joug du baccalauréat à laquelle j’aurais bien aimé pouvoir croire.

    Ce que vous exprimez est salutaire, puisse-t-il y avoir d’autres talents pour dire ces choses tues.

    J’aurais peut-être du vous tutoyer tellement ce que vous exprimez m’est proche, presque intime. Mais non, tant pis, tant mieux. Si je vous avais devant moi, je vous embrasserais, et ça pourrait devenir gênant. 😉

    • Mila Saint Anne

      Merci beaucoup pour votre message.
      Je suis d’accord avec vous. Sur presque sur tout.
      Oui, le dernier épisode est moins… plus… enfin, comme vous dites.
      Non, je n’ai pas parlé des bons moments. Pour parler des bons moments, il faudrait que je laisse la parole à la demoiselle dont il est question. Elle saurait sûrement en parler mieux que moi, parent, en donc trop souvent laissée en dehors de l’École.
      Les bonheurs d’École, je les vois de ma place d’enseignante. Quelle chance j’ai d’ailleurs de voir ces regards d’intelligence des enfants des autres, d’entendre ces mots de confiance, en eux, en moi aussi un peu…
      J’espère avoir le temps de les raconter un peu plus encore cette année sur ce blog.

      Merci de m’avoir aimée un peu en me lisant. C’est un grand privilège que vous m’offrez là.

      Je suis d’accord avec vous. Presque sur tout.
      Si nous nous croisons, n’hésitez pas à m’embrasser 🙂

      • Bon ben c’est dit: je vous embrasse!
        Et j’espère que vous trouverez le temps de raconter ces bonheurs d’école, et d’autres choses aussi. Je vous suis, de toute façon, sur tweeter, dans mes flux RSS, par mail… et promis, un jour, vis à vis, face à face, on se reconnaitra et on s’embrassera !

  12. billet rempli d’honnêteté et de vérité!!!!!!!!!!!
    la vie d’enseignant c’est se remettre sans cesse en question!

  13. Marianne Rey Lescure (ex Mabille)

    Mes deux enfants ont deux parents profs. Comme ta fille, ma soeur Anne (tu permettras que je t’appelle ma soeur, j’ai l’impression d’avoir été moulée dans la même louche) ils sont tous les deux dégoûtés de l’école, qu’ils ont trouvée ennuyeuse, injuste, maltraitante, incapable d’écouter la parole des élèves affûtés et responsables qu’ils étaient quand ils demandaient simplement que les enseignants qu’ils avaient en face d’eux se comportent en adultes.Et moi, bonne collègue, qui faisait confiance. Ou râlait mais alors eux, mes bons petits qui connaissaient l’envers du décor, me demandaient grâce et indulgence pour ces pauvres profs accablés.
    Eux aussi, l’Ecole les a ratés… et c’est pour cela que j’essaie, tous les jours, même si je sais que je ne fais pas les meilleurs cours du monde, d’écouter ce que mes élèves ont à me dire, de lever les empêchements et les difficultés, pour que Kévin se mette enfin au travail et que Jessica arrive à lever le doigt et ose une réponse. Que je modifie peu à peu mes cours pour y insérer l’apprentissage des capacités qui nous sont livrées sans mode d’emploi, tout en pestant du manque de suivi d’un prof à l’autre, d’une matière à l’autre, d’un niveau à l’autre.Que je râle contre tous ces dispositifs de remédiation et de rattrapage, qui, lorsqu’ils sont fournis dans l’institution même, sont comme des emplâtres sur une jambe de bois si rien n’est fait pour faire la liaison avec le cours qui pose problème.
    C’est pour cela que moi aussi j’ai rêvé à l’Ecole du socle et que je désespère de la voir advenir, faute de cohérence dans la Grande maison qui demande qu’on refasse tout l’aménagement intérieur mais que surtout le résultat ressemble à la photo de l’intérieur d’avant, vous savez, les bons élèves du Bac et du Brevet, auxquels il est si agréable d’enseigner parce qu’ils sont comme nous étions, « capables » d’utiliser les compétences sans mode d’emploi. Mais tous les autres…
    Il me reste une petite dizaine d’année avant la retraite. Cherche compagnons de route désespérément. Anne, ma soeur, puis-je faire un bout de chemin avec toi ? Nous aurions sûrement des choses à nous dire.Et avec les autres aussi. Ils sont nombreux, je l’espère.

  14. Benjamin

    Formidable série de textes que je découvre après une conversation sur Twitter (j’avoue, j’ai fait le mouton il y a quelques semaines, j’ai lu ton billet sur Classcraft et ne suis pas allé plus profond dans le blog). Ta description du « système collège » correspond en tous points au souvenir que j’en ai : un univers anomyme, atone, uniformisant, et porteur d’une grande violence institutionnelle et humaine. J’espère de tout coeur que le collège (si tant est qu’on puisse parler « DU » collège) a su s’éloigner de ce modèle absurde, délétère et périmé pour enfin prendre la mesure des talents qu’il héberge, et leur permettre de s’exprimer avec bienveillance et exigence. Pas gagné, hein ?

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