Archives mensuelles : juillet 2010

À tout seigneur, tout honneur…

Mon premier billet. Forcément consacré à ceux qui sont les plus important dans la vie d’un enseignant : les élèves.

Qu’est ce que c’est qu’un élève ?

C’est quoi ce début calamiteux ? C’est quoi cette question débile ?
Vous allez me dire que vous en avez déjà tous vu, que vous en avez tous été un(e), et que vous vous rappelez très bien de Kévin, le petit pénible de 5è6 ou de Jennifer, la grande quiche de 3ème B. Pardon aux Kévin(s) et aux Jennifer(s), y’en a des bien. J’en connais.
Peut être, parce que nous sommes en juillet et que vous commencez un peu à vous remettre de l’année, vous aurez aussi une pensée émue pour Manfred, 18 de moyenne générale, qui vous a décerné le titre de « meilleur(e) professeur(e) du monde » et vous a remis un diplôme signé par tous les élèves de la 6è2.

L’élève est un jeune mammifère dont le biotope naturel, on l’oublie trop souvent, n’est PAS la salle de classe.
Sa vie se déroule principalement dans un lieu auquel vous n’avez pas accès, appelé domicile dans lequel vivent également d’autres mammifères appelés responsables légaux. Parfois l’élève peut avoir deux domiciles, voir pas de domicile du tout, ou bien un domicile dans lequel il n’aime pas être. En réalité, il y a tout un tas de situations qui seraient trop long à énumérer ici, mais qui expliquent que parfois vos élèves ne savent pas très bien où ils habitent, au sens propre, du coup au sens figuré.

La République et les citoyens qui la composent ont décidé que tous les enfants vivant sur le territoire national devaient recevoir une formation entre 6 et 16 ans, âge légal de la scolarisation obligatoire*. Et vous vous avez choisi d’être enseignant.

L’élève n’a pas le choix.
Il n’a même aucun choix.
Sauf à être scolarisé chez lui (mais c’est un autre sujet), il est OBLIGÉ de venir à l’école, selon des horaires qui lui sont imposés, étudier des choses qu’il n’a pas forcément envie d’étudier, avec des enseignants qu’il n’a pas choisi, dans un lieu qui ne ressemble en rien à son milieu habituel, et dans lequel il va croiser ceux qu’on appelle traditionnellement ses « camarades » avec qui il n’a pas forcément d’affinités. Vu comme ça, ça ne donne pas vraiment envie.
En marketing, l’élève est ce qu’on appelle un public captif.

Vous allez me dire que vous ne choisissez pas vos élèves (sinon, jamais vous n’auriez eu Kévin en cours !), ni votre établissement, voire même parfois même pas votre académie. Oui, je sais. Mais vous avez quand même un peu plus de choix que l’élève. Et puis autre détail qui n’a l’air de rien : vous êtes un adulte (du moins en théorie, j’en connais parmi vous qui ont su garder leur âme d’enfant).
On considère généralement qu’un changement dans la vie d’une personne (déménagement, changement de poste de travail, d’environnement social, etc..) met environ six mois à être encaissé par un adulte. Six mois. Septembre – février. Et on a beau penser que les jeunes ont une capacité d’adaptation supérieure à celle d’un adulte, en l’occurrence, c’est complètement faux.

L’une des première qualité d’un enseignant, à mon avis, est l’art du décentrage.
Pour un instant essayez (vous n’allez pas y arriver, c’est normal) de vous mettre dans la peau d’un des gamins qui viendront s’assoir dans votre salle de classe le jour de la rentrée. Si on lui demandait son avis, êtes vous certain qu’il resterait là ?

Bon, bien sûr, vous avez été élève (moi aussi) et vous avez ADORÉ l’école. Tellement adoré que vous y êtes resté à la fin de votre service obligatoire.
Cependant n’oubliez jamais, et particulièrement le jour de la rentrée, que les élèves ne sont pas tous dans votre cas.
C’est un poncif, mais ça va mieux en le disant.

(…à suivre…)

* Je sais, c’est la théorie, on pourra en reparler plus tard.

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Classé dans Élèves

Blog de divagation pédagogique

Bonjour.

Si vous êtes arrivé ici c’est que la res pedagogica vous intéresse. Ça tombe bien, on sera au moins deux.
Je me sens très prétentieuse de commencer ce blog, parce que je ne suis qu’une prof « de base », munie d’aucune autorité pour le faire.
Mais, pour avoir quelques fois discuté avec des collègues, certains grands pédagogues et d’autres qui l’étaient moins, je me suis rendue compte que certaines choses dont j’étais profondément convaincue était loin d’être des évidences pour tout le monde et que ça irait peut être mieux en le disant.

Mon but n’est pas de donner des recettes, des solutions miracles, juste de divaguer un peu avec vous sur ce qu’est l’enseignement et la pédagogie. N’hésitez pas à réagir et à divaguer aussi.

Je n’ai pas fait de plan préalable à mes billets. Les premiers s’appuieront sur un texte de Célestin Freinet, fondamental pour moi. Les autres suivront au fil du temps et du déroulement de l’année scolaire à venir, que j’espère pour moi comme pour vous (si vous avez la chance d’être enseignant), pleine de bonheurs pédagogiques.

A bientôt.

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Classé dans Bavardage