Faire la poule c’est mal.
C’est pas comme faire l’autruche !
Faire l’autruche c’est normal.
Dire « Kévin est nul en maths* », « Jennifer n’aura jamais son bac » ou « Manfred n’a qu’à apprendre ses leçons », c’est faire l’autruche mais c’est normal. On a toujours fait comme ça. C’est quand même un signe..
Faire l’autruche ça n’a pas empêché des générations d’élèves de devenir enseignants.
Donc, faire l’autruche, c’est bien.
C’est pro-fes-sion-nel !
CQFD.
Faire la poule c’est mal.
Faire la poule c’est mal.
Faire la poule c’est se conduire comme un dangereux terroriste, un suppôt du capitalisme débridé.
Faire la poule c’est afficher son mépris des classes laborieuses.
C’est quoi faire la poule ?
C’est un peu faire ce que j’essaie de faire…
C’est appliquer (je cite) une "pédagogie de couveuse" !
C’est ne pas oublier que les élèves sont des enfants, des jeunes, des adultes en devenir, et qu’ils sont sont ce que nous avons de plus précieux. Un trésor que la société toute entière doit protéger, entourer, guider, soutenir…
Même quand il ne correspond pas à l’image que l’on a de lui.
Surtout quand il ne rentre pas dans les cadres.
Particulièrement quand il est en échec.
Ha ! Ha!
Ce qui me fait rire c’est que les gens qui parlent de « pédagogie de couveuse » pour dénigrer les propositions pédagogiques de ceux qui aurait baissé les bras devant les exigences disciplinaires et transformé l’école en pays des bisounours** n’ont pas beaucoup de culture professionnelle… Ils ont dû oublier que cette histoire de couveuse c’est un concept créé par Jean Houssaye (l’auteur du fameux « triangle pédagogique » entre savoir, élève et enseignant) et qu’il accroche à ce mot une vision de l’École exactement inverse. C’est écrit noir sur blanc dans son ouvrage « Les valeurs à l’école » paru au PUF en 1992 qui évoque « (…) cette immense couveuse pédagogique aliénante et infantilisante qu’est l’école petite-bourgeoise formaliste et vide culturellement. ». Suivez mon regard…
C’est le même homme qui dit aux enseignants que l’autorité, c’est l’influence, pas la contrainte. Il ne peut donc pas être complètement mauvais.
Ha ! Ha! (bis)
Ce qui me fait le plus rire c’est que le monde de l’entreprise (un mot tabou de nombreuses salles de professeurs sous peine de mort) use et abuse de cette expression en développant des couveuses d’entreprises pour aider de jeunes entrepreneurs à faire leurs premiers pas.
Donc, la couveuse, c’est efficace, ça aide à réussir, à se concentrer sur l’essentiel et à surmonter les difficultés qu’on peut rencontrer au début mais il ne faut surtout pas s’en servir à l’école. Des fois que.
Fais-je la poule ?
Si vous dites : « Comment vais-je trouver le moyen de faire aimer les maths à Kévin ?», « Pourquoi Jennifer panique-t-elle autant devant sa feuille ?» ou « Quel est le profil d’apprentissage dominant de Manfred ?», vous faites la poule***.
C’est pas grave, moi aussi.
La seule chose importante c’est d’être conscient du poulailler auquel vous appartenez !
Je fais la poule ? M’enbouf ! (pour reprendre l’expression d’un estimé collègue)
Le jaune me va bien au teint.
—-
* Je tiens à préciser que Kévin n’est pas un élève de Guillaume Caron
** Pour mes lecteurs québécois, lire "Calinours"… ça m’ennuierait qu’il y eût confusion ! ![]()
*** Ou vous vous appelez Guillaume Caron****.
**** Non, il ne s’agit pas d’un rentre-dedans éhonté ! C’est seulement une logique reconnaissance du talent. Un acte gratuit. Côt ! Côt !
- Source des images : domaine public sauf l’autruche VintagePrintable1 on Flikr-






