Fais la poule !

Faire la poule c’est mal.

C’est pas comme faire l’autruche !

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Faire l’autruche c’est normal.

Dire « Kévin est nul en maths* », « Jennifer n’aura jamais son bac » ou « Manfred n’a qu’à apprendre ses leçons », c’est faire l’autruche mais c’est normal. On a toujours fait comme ça. C’est quand même un signe..
Faire l’autruche ça n’a pas empêché des générations d’élèves de devenir enseignants.
Donc, faire l’autruche, c’est bien.
C’est pro-fes-sion-nel !
CQFD.

Faire la poule c’est mal.

poule

Faire la poule c’est mal.
Faire la poule c’est se conduire comme un dangereux terroriste, un suppôt du capitalisme débridé.
Faire la poule c’est afficher son mépris des classes laborieuses.

C’est quoi faire la poule ?

C’est un peu faire ce que j’essaie de faire…

C’est appliquer (je cite) une "pédagogie de couveuse" !
C’est ne pas oublier que les élèves sont des enfants, des jeunes, des adultes en devenir, et qu’ils sont sont ce que nous avons de plus précieux. Un trésor que la société toute entière doit protéger, entourer, guider, soutenir…
Même quand il ne correspond pas à l’image que l’on a de lui.
Surtout quand il ne rentre pas dans les cadres.
Particulièrement quand il est en échec.

poussin

Ha ! Ha!

Ce qui me fait rire c’est que les gens qui parlent de « pédagogie de couveuse » pour dénigrer les propositions pédagogiques de ceux qui aurait baissé les bras devant les exigences disciplinaires et transformé l’école en pays des bisounours** n’ont pas beaucoup de culture professionnelle… Ils ont dû oublier que cette histoire de couveuse c’est un concept créé par Jean Houssaye (l’auteur du fameux « triangle pédagogique » entre savoir, élève et enseignant) et qu’il accroche à ce mot une vision de l’École exactement inverse. C’est écrit noir sur blanc dans son ouvrage « Les valeurs à l’école » paru au PUF en 1992 qui évoque « (…) cette immense couveuse pédagogique aliénante et infantilisante qu’est l’école petite-bourgeoise formaliste et vide culturellement. ». Suivez mon regard…

C’est le même homme qui dit aux enseignants que l’autorité, c’est l’influence, pas la contrainte. Il ne peut donc pas être complètement mauvais.

Ha ! Ha! (bis)

Ce qui me fait le plus rire c’est que le monde de l’entreprise (un mot tabou de nombreuses salles de professeurs sous peine de mort) use et abuse de cette expression en développant des couveuses d’entreprises pour aider de jeunes entrepreneurs à faire leurs premiers pas.
Donc, la couveuse, c’est efficace, ça aide à réussir, à se concentrer sur l’essentiel et à surmonter les difficultés qu’on peut rencontrer au début mais il ne faut surtout pas s’en servir à l’école. Des fois que.

Fais-je la poule ?

Si vous dites : « Comment vais-je trouver le moyen de faire aimer les maths à Kévin ?», « Pourquoi Jennifer panique-t-elle autant devant sa feuille ?» ou « Quel est le profil d’apprentissage dominant de Manfred ?», vous faites la poule***.

C’est pas grave, moi aussi.
La seule chose importante c’est d’être conscient du poulailler auquel vous appartenez !

Je fais la poule ? M’enbouf ! (pour reprendre l’expression d’un estimé collègue)
Le jaune me va bien au teint.

—-

* Je tiens à préciser que Kévin n’est pas un élève de Guillaume Caron
** Pour mes lecteurs québécois, lire "Calinours"… ça m’ennuierait qu’il y eût confusion ! :D
*** Ou vous vous appelez Guillaume Caron****.
**** Non, il ne s’agit pas d’un rentre-dedans éhonté ! C’est seulement une logique reconnaissance du talent. Un acte gratuit. Côt ! Côt !

- Source des images : domaine public sauf l’autruche VintagePrintable1 on Flikr- 

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Le changement, c’est tout le temps.

J’aime bien le changement. Et j’ai la chance d’avoir un métier changeant. Il existe des permanences (je vous parlerais bien de la permanence des âneries que je lis chaque jour dans divers médias depuis des années mais je ne voudrais pas vous faire déprimer dès la rentrée !) mais ce que je trouve finalement de plus permanent c’est le changement. Changement de lieu de travail, changement de programmes, de ministre… Et puis surtout changement de public. Pas seulement parce que je vois défiler chaque semaine entre environ 120 gamins (j’ai de petits effectifs) mais parce qu’à leur âge on est changeant et imprévisible comme le vent.
J’aime le changement. J’ai dû garder quelque chose de mon adolescence….

Il ne vous aura pas échappé que nous sommes en janvier. Et que se passe-t-il en janvier ? Oui, la galette, les vœux, les bonnes résolutions et tout ça… oui. Mais je veux dire qu’est ce qui se passe dans une salle de classe ? Janvier c’est pile poil le moment où les gamin (et leur prof) commencent à se sentir à l’aise dans leurs pantoufles. On se connaît (j’arrive même, ô miracle ineffable ! à me rappeler de presque tous leurs noms) et si tout s’est bien passé, on se sent en confiance les uns vis à vis des autres.

Et paf ! C’est donc le bon moment pour changer. Pas le premier jour. Non le premier jour, comme le disait l’excellent Jack Koch, on parle un peu martien, on trouve plus ses clefs, on a oublié son code pour allumer l’ordi, on a oublié même à quel point certains collègues peuvent être …. (comment vous dire ça sans m’énerver. Ok, je ne vais rien dire plutôt)

Mais le soir du deuxième jour, l’enseignant, juste après le départ de la horde, resté seul dans sa classe, se demande comment il va bien pouvoir secouer un peu tout ça.

C’est ce que j’ai fait.

Et comme j’aime bien "essayer des trucs", j’ai essayé de changer la disposition de la salle.
Y a pas 56 000 possibilités (sauf si on a la chance de travailler dans cette école suédoise) et j’en ai déjà essayé  pas mal :
- en frontal (parce que quand j’étais jeune je savais pas qu’on pouvait faire autrement) ;
- en V (pour que les élèves se voient) ;
- en U (pour qu’ils se voient encore mieux et pour faire comme la copine prof d’anglais) :
- en îlots (pour qu’ils ne se voient pas trop),
- en carré (Pourquoi pas ? Mais j’évite. Étant donné que je commence mon apprentissage de petite vieille, la faculté m’interdit désormais d’enjamber les tables pour aller faire le guignol au milieu) ;
- le long du mur (parce que les installateurs de salle info ont l’imagination d’une huître)

Depuis la rentrée, mes élèves et moi nous avons donc vécu un temps en U, puis en îlots.
Et là, je sais pas ce qui m’a pris, mais je me suis dit que j’allais la jouer inédite, façon "banquet républicain" : deux longues tablées pour se mettre à table devant de saines nourritures intellectuelles.
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Ça tombait bien,  j’avais envie de faire travailler les 6e sur des projets mais je n’avais aucune idée de la taille des groupes les plus adéquats. Avec cette disposition, ils avaient le choix de former des groupes de 1 à …. 12 !

Il sont donc entrés en classe.
J’ai eu droit à l’habituel chapelet de questions (qui se fait de plus en plus rare au fur et à mesure que l’année avance, et quand le changement devient routinier) :
Jennifer – Pourquoi vous avez mis les tables comme ça madame ?
Moi -  Pourquoi pas ?
Kévin – Bein oui, mais elle est où ma place ?
Moi – Ah bien zutalors : on va faire comment ?
Manfred – On peut se mettre où on veut ?
Moi – Oui, oui….
Machin (un élève que je n’ai jamais eu mais qui commente en passant dans le couloir) – Whaou ! t’as vu la salle ? C’est trop dare !

Je leur ai donc proposé un projet, une mission à accomplir. Deux ou trois phrases de consignes et roule ma poule. Pendant une heure durant  je les ai regardés travailler tous seuls. Je n’ai même pas eu à aider Kévin parce que c’est Manfred qui est venu lui expliquer comment faire ; j’ai juste tendu l’oreille pour être sûre. Au bout du compte, mission accomplie : travail fait, carte réalisée.
Par tous les élèves.
Tous.
Y compris par Jessica qui a recommencé trois fois avec bonne humeur.

Un miracle ? Peut être, mais il s’est quand même reproduit trois fois de suite. Avec chacune de mes classes de 6e !

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Bref si je résume : se lancer dans le changement, oser la prise de risque, faire confiance à l’aptitude à l’autonomie des élèves … la vraie recette pour être heureux en pédagogie !

Ah oui, pour les grincheux* : je n’ai rien traité d’autre que le programme.
Et la cerise sur le gâteau : à la fin de l’heure, je n’ai  pas eu à leur donner de leçon à apprendre. Ce qu’ils avaient fait par eux-mêmes, ils le savaient déjà.

Je vous souhaite à tous une année 2013 pleine de bonheurs pédagogiques !

———-

* Non, je n’ai cité personne ! Comment ça vous avez entendu quelque chose ? j’ai pensé si fort que ça ????

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Classé dans autonomie, Élèves, classe, récit

Cherchez l’erreur….

C’est moi où il y a quand même un souci ?
Réunion "Histoire des Arts" dans mon bahut aujourd’hui. D’abord prévue, puis reportée, puis non finalement pas reportée.
Cette réunion, j’avais demandé qu’elle ait lieu en juin, pour qu’on puisse préparer tranquillement des trucs. J’avais proposé une date et écrit ça au tableau blan de la salle des profs. Elle été annulée à l’époque par un trait de feutre à tableau. je ne sais pas par qui mais j’ai pas vraiment de doutes. De toute façon, à ce moment là, tout le monde regardait ailleurs parce que tout le monde devait, de toute urgence, aller chercher ses chaussures à ressemeler, enterrer sa grand-mère se barrer en vacances.

Comme d’habitude dans mon établissement, ce genre de réunion a lieu pendant les heures de cours. En même temps que la dernière heure de cours.
J’ai donc fait remarquer que je n’avais pas envie de priver (encore une fois) Kévin d’une heure de cours. On m’a répondu que ma présence n’est de toute façon pas indispensable vu que je n’avais pas de 3e…. [Un jour peut être je vous raconterai pourquoi je n'ai pas de 3e cette année....]
Que répondre ?
À part m’étonner qu’on ait pris la peine de gaspiller du papier à me déposer une, deux, trois convocations dans mon casier.
Et puis c’est vrai, c’est pas comme si les textes disaient que l’histoire des Arts doit être un travail collectif, développé tout au long de la scolarité au collège, ou comme si les instructions officielles ne faisaient pas de l’Histoire des Arts l’axe majeur de l’enseignement d’histoire en quatrième….

Bref, la réunion se ferait sans moi (comme les précédentes), pendant que je serais avec Kévin et le calife Al Mansour en train de fonder Bagdad. [Je fais des trucs de dingue moi le jeudi !]
C’est pas tellement ça qui m’a énervé.

C’est quand j’ai quitté la salle des profs à la fin de la récré.
Il y avait les collègues qui attendaient cette réunion. Et qui profitaient de ce que leurs cours avaient été supprimés pour glandouiller un peu devant la machine à café avant d’y aller.

Je vous le livre brut de décoffrage.

Moi – Vous allez à la réunion HdA ? Vous penserez à faire un petit compte rendu pour les collègues qui ne peuvent pas y aller ?
Jocelyne – Bein t’as qu’à venir !
Moi – Je peux pas, j’ai cours.
Jocelyne – Bein moi aussi j’ai cours, et alors ?
Moi – Je préfère ne pas faire rater de cours à mes élèves…
Jocelyne – Oui bein si tout le monde faisait comme toi y’aurait pas de réunion !
Moi – Mais si les réunions avaient lieu quand on n’a pas cours ça n’arriverait pas : je viendrais !
Jocelyne – J’ai pas que ça à faire moi, d’aller à des réunion ! Si c’est pas à la place des heures de cours on n’ira pas !

J’avoue j’ai pas su quoi répondre.
Parce que c’est tellement absurde comme réponse…..

Je ne sais pas ce que sera la Refondation de l’École. Mais ce dont je suis certaine, c’est qu’avant qu’elle arrive dans mon bahut, il va se passer beaucouuuuuuuuuuuuuuuup de temps.

Et je parie que je peux toujours me brosser pour un compte rendu de cette p***** de réunion.

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Classé dans énervée, établissement

Et si on jouait au Bingosocle ?

Reblogué depuis Peut mieux faire !:

Cliquer pour accéder à l'original

Besoin de faire une pause devant le côté caricatural  voire la bêtise des arguments anti-socle? 

Sur le modèle du  bingo du mariage  de Têtu (1), nous (2) vous proposons de jouer au grand bingosocle

Le principe est tout simple : que vous soyez devant votre ordinateur à lire certains blogs, sites ou un forums, devant certaines revues syndicales ou journaux ou encore dans une salle des profs, sortez votre grille de bingo dès que le sujet du socle commun ou de  l'approche par compétences est discuté.

Lire la suite… 109 mots de plus

Oui, j'avoue, j'ai participé à cette idée lancée par une certaine Émilie (dont je tairai ici le nom sauf si elle m'y autorise, je ne voudrais pas qu'elle retrouve son socle avec quatre items crevés, on n'est jamais trop prudents !) Et j'ai bien rigolé. J'espère que cela vous fera rire aussi. Enjoy !

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Classé dans Bavardage, compétences, Invité

Timegash ! Ou pas ?

Bon, je sens que ce titre là ne va vraiment rien vous évoquer. Vous devriez fonder l’Internationale des Keskelledit ! ou jouer à Cosmic Encounter*.

Ce matin, je me suis levée (avec un treuil, c’est les vacances quand même !) avec une furieuse impression de "déjà-vu". Pour expliquer ce sentiment, il y a plusieurs solutions.
Soit mon cerveau, cette espèce de DDE de la pensée a installé des déviations sans prévenir. Au lieu de prendre l’autoroute directe vers le village-vacances "À ranger", il fait un détour par tout un tas de bleds situés dans la région du "Tiens je suis déjà passée là moi !".
Soit j’ai dormi dans une Delorean.
Soit les gens font n’importe quoi.

Pas tous.
Cette nuit les étasuniens ont choisi un président intelligent. C’est déjà ça.

Souvenirs, souvenirs…

Il y a exactement deux ans, j’avais écris un billet intitulé "Socle commun : un malentendu ou pire ?" dans lequel je constatais (je vous le résume, je suis sympa) qu’on pouvait dire tout et n’importe quoi sur le Socle, surtout quand on en parlait pour de mauvaises raisons.
Et bien, deux ans après, certains essaient de me faire croire qu’on en est toujours au même point.
Les gens disent n’importe quoi.

Chez ces gens là…

Pas tous.
Il y en a même qui disent des trucs vachement bien, comme Claude Lelièvre dans son blog**, qui dit (mieux que moi) ce que je répète depuis longtemps : en transposant la liste des compétences-clé proposées par la Commission Européenne, la France (celle de 2005 et de M. Fillon qui savait sans doute ce qu’il faisait) a délibérément oublié la compétence "Apprendre à apprendre" et donc brisé la cohérence de ces compétences-clé. Un bon moyen pour contribuer à fragiliser un projet dont on ne veut pas. C’était pas le pire, mais je reste persuadée que cela y a largement contribué.

Donc, ce matin, (après avoir regardé la belle icône*** que se sont offert les USA pendant que je dormais) je suis tombée sur la prose d’un type qui est "chercheur" dans un centre de recherche syndical et qui prépare un livre pour parler de ses recherches. Je ne sais pas où il a cherché et je n’ai aucune légitimité pour critiquer ce monsieur, sans doute bardé de diplômes. Mais, et avec tout le respect que je lui dois, il va falloir qu’il m’explique comment il a fait pour trouver autant de contre-sens à mettre dans une seule page web****. Et surtout qu’il explique où il était ces deux (voire ces 7 ou 8) dernières années. Et s’il y a encore des locations libres sur Aldébaran.

Ce n’est pas le premier qui m’énerve. Ni la première fois que je lis tout et son contraire sous une même plume. Ou encore que je lis des propos tellement entachés de mauvaise foi que je préférerais aller égorger un chaton***** plutôt que d’essayer de comprendre le fonctionnement du cerveau de certains de mes contemporains.

On avance…

Mais depuis ces deux années, les choses ont avancé.
Je ne ressors plus des stages de formation "Socle Commun" recouverte de goudron et plumes. Au pire, on m’ignore poliment. Au mieux (et je vous jure que c’est vrai !) je rencontre des collègues de lycée qui veulent mettre à profit les heures d’accompagnement personnalisé et louchent du côté du collège et de l’enseignement par compétence.

Je lis de plus en plus de travaux d’éminents collègues qui pratiquent l’enseignement par compétences et publient des ouvrages de grande qualité. Des livres, des sites, des blogs…. bref, je me sens bien moins seule qu’il y a deux ans.

Il faut dire que je me sens davantage soutenue par un ministre de l’Éducation Nationale qui a écrit noir sur blanc "Un objectif de la scolarité obligatoire : le socle commun de connaissances et de compétences" (vous remarquerez qu’il écrit "Un" et pas "Le") que par celui qui avait réussi à triturer et à dénaturer une décision européenne à un point tel qu’il en a fait un épouvantail à crétin ou par un Président qui…(complétez à votre convenance, vous avez le choix).

La nuit je mens….

Oui, triturer. Parce qu’il y a quand même une nuance entre :
"que l’éducation et la formation initiales offrent aux jeunes les moyens de développer les compétences clés de sorte à être préparés pour la vie adulte et professionnelle constituant ainsi également une base à de futurs apprentissages"
et
"garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun"

Dans un premier cas on offre les moyens de développer des connaissances futures.
Dans l’autre on garantit à l’élève les moyens de le faire. Pas qu’ils puissent le faire.
Et la nuance est de taille.
Avec les compétences de la loi Fillon on donne un vélo à un cul-de-jatte. Il a le moyen d’avancer. À lui de se démerder pour le faire.
Si on respecte l’esprit et la lettre des compétences-clé, on doit lui proposer le moyen de transport le plus adapté.

Past time paradise…

Pour en revenir à mon idée de départ (c’est terrible cet esprit d’escalier ; je ne vous ai pas perdu en route ?) l’idée d’une base commune de connaissances et de compétences avance. Pas vite, ok, mais elle avance.
Et là, sans prévenir, un mercredi matin, un type me ressort un discours d’un autre âge, avec des arguments bidons et tellement éculés que j’ai même pas envie de vous les resservir.
Mais c’est sûrement parce qu’en tant que chercheur il a trouvé des trucs que moi je n’ai pas vus.
Ou alors qu’il essaie de résoudre la quadrature du cercle : raccrocher les wagons à un train qui se barre sans lui…..
Quoi qu’il en soit, c’est moche.

PS : Pendant que j’écrivais ce billet, ma camarade Annie di Martino faisait de même, choquée par le même article. Elle en fait une belle et saine critique. Ne ratez pas ça !
Elle fait allusion à un autre billet paru il y a quelques jours, dont il m’a semblé qu’il valait mieux ne même pas vous parler tant la bêtise le disputait à la médiocrité…
et comme un bonheur n’arrive jamais seul Jean-Michel Zakhartchouk publie dans la foulée (c’est une journée faste !) "Oui aux compétences à l’école, mais pas n’importe comment !". Enjoy !

———-

* Cosmic encounter sur Wikipédia (en anglais). Dans ce jeu, la carte "Timegash" a la particularité de suspendre le temps….
** C’est par là : http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/021112/apprendre-apprendre
*** J’aime bien les États-Unis quand ils ressemblent à ça
****Si vous voulez vraiment le lire….Mais ne vous sentez pas obligé(e). http://institut.fsu.fr/Que-faire-du-socle.html
***** Vous aurez reconnu une fine allusion à l’extraordinaire billet de mon camarade Ticeman, un des meilleurs que j’ai lu ces dix dernières année….

 

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Le plus beau métier du monde (1)

Enseigner, c’est pas un métier….

Vous qui me lisez et qui (pour certains) avez l’honneur et l’avantage d’être chargé de la formation de notre belle jeunesse, vous avez forcément vécu une fois dans votre vie (voire plusieurs fois, voire un nombre incalculable de fois) le dialogue suivant :
- "Ouh là ! Vous êtes prof ? C’est pas trop dur ?"
- "Non, j’adore mon métier et les gamins sont chouettes."

À ce moment là, de façon presque invariable, votre interlocuteur vous répond :
"Ah oui, mais c’est parce que vous avez la vocation !".

En fait, ça ressemble plutôt à :
"VOUS avez LA vocation".

Avec des majuscules. Moitié apitoyé, moitié impressionné. (Genre : la pauvre fille, elle est entrée dans une secte et elle ne le sait même pas. Et en plus ça ne se voit pas trop….. pour un peu j’aurais pu croire qu’elle était vendeuse en mercerie*).

À partir de là s’ensuit généralement une discussion (enfin le plus souvent un monologue) à base de jugements lapidaires sur (au choix) les gamins qui ne foutent rien, le niveau qui baisse, les programmes qui sont devenus stupides, les parents qui sont des boulets, l’administration qui nous torture, le gouvernement qui nous écrase…..

Je ne dis pas qu’il n’existe pas des gamins qui ne foutent rien et des parents d’élèves problématiques, mais que la plupart du temps, les avis du pédagogue auto-proclamé qui vous en parle à ce moment là sont juste un peu à l’emporte pièce (ou dénichés sur un blog de "spécialiste" au Figaro.)

O tempora ! O mores !

Comme auraient dit les copains de ma copine Delphine.

Donc, enseigner ne serait par une compétence professionnelle, mais une vocation.
Epikorkoi ?
Comme disaient les élèves de mon autre copine, Caroline.

Sans rire, vous vous rappelez de l’étymologie du mot "vocation" ?
Comment ça vous avez oublié, bande de cancres ? Delphiiiiine !

« Vocation », ça vient du verbe latin "vocare" qui signifie "appeler". Plus exactement, ça vient du nom vocatio, -onis qui est l’« action d’appeler », « l’invitation ».
Vers 1200, c’est Dieu qui appelle.
Ensuite au XVe siècle, c’est la nature de chaque homme qui l’appelle vers tel ou telle destin.
Puis, parce qu’on n’est quand même pas des bêtes, « c’est l’inclination intérieure de chaque homme qui l’emporte irrévocablement (justement !) vers la religion, le mariage… »

Oups !

Et le pire est encore à venir !
Une vocation, c’est aussi la « destination individuelle de chaque être humain. »

Voila, tout est dit. Vous êtes prédestiné. Vous vous inclinez. Vous capitulez.
Et paf ! vous vous retrouvez dans une salle de classe avec Kévin parce que c’était écrit !

Le libre-arbitre c’est pas de la pâtée pour chat

Je sais, je vais décevoir mes nombreux admirateurs, mais je n’ai jamais eu la vocation. Disons qu’en ce qui me concerne, l’appétit est venu en mangeant. Ou plutôt en faisant ce métier qui me permettait de manger.
Et figurez vous que je ne suis pas la seule.
Bon, ok, tout le monde n’a pas avorté d’une belle carrière d’astrozoologiste** (spécialité Chelonii) comme cela a été mon cas…. D’ailleurs, puisqu’on en parle, quelle perte pour la science …!

Par contre, la soi-disant « vocation » des enseignants (ce bois dont on fait soi-disant les « bons » profs ) est sans doute un des lieux-communs les plus rebattus dans notre société.
C’est quand même paradoxal que 219 ans après avoir coupé la tête de Louis « Croix-Vé-Bâton » et avoir théoriquement aboli la société d’ordres dans la foulée, 107 ans après avoir séparé les Églises de l’État, on en soit encore là ?

Quant aux raisons qui ont motivé les enseignants à le devenir… on en parle la prochaine fois.
Promis.

———

*Pour tout savoir sur le « dress-code » des enseignants et ne pas avoir l’air d’un jambon (ou d’une quiche) le jour de la pré-rentrée c’est .
** Comment ça vous n’avez jamais lu Terry Pratchett ?

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À quoi ressemble un(e) enseignant(e) ?

C’était un de ces après midi de juillet, un de ceux où l’on reste au frais à l’abri des maisons. J’avais devant moi deux de mes camarades (et néanmoins collègues) qui travaillaient ensemble. Hé oui, le profs bossent VRAIMENT pendant leurs congés.
Enfin ces deux là au moins, parce que moi je baguenaudais sur le web avec d’autres camarades (et pas forcément collègues) juste à côté.

À un moment,  je ne sais plus qui (c’est ça l’intelligence collective !) est tombé sur une excellente idée. Cette idée est concrétisée par un site qui s’intitule (en VO) This Is What A Scientist Looks Like (ou en VF "Voila à quoi ressemble un scientifique") et dont le but est d’aider à lutter contre les stéréotypes qui affligent les scientifiques.
Les sciences sont en train de payer au prix fort cette image peu attractive. Ce n’est pas un secret, il y a une crise des vocations dans les domaines scientifiques, en particulier chez les femmes. Je ne vous dis pas que c’est pour cette simple et unique question d’image mais je pense sincèrement que ça y contribue. Faites le test dans le moteur de recherche de votre choix et vous verrez. Les résultats obtenus ne me donnent pas envie de devenir scientifique.

Et nous ?

Alors j’ai fait le même test avec le mot enseignant.

J’ai regardé le résultat.

……

Quelqu’un a dit (je ne sais plus qui non plus) : "Faudrait faire le même genre de site pour les profs".

Donc….

…. j’ai ouvert un site pour ça.
Et quand je vois les premières images qui s’y trouvent, je me dis que l’humanité est un puits sans fond de richesses.

Je connais certains de ces premiers contributeurs, d’autre pas (mais ça donne envie de les connaître).
Visitez ce site, contribuez, parlez en autour de vous.

Les enseignants méritent qu’on les regarde tels qu’ils sont..

À quoi ressemble un enseignant ?

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